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ALIMENT POUR BÉTAIL : LA FILLE AU NOM DU PÈRE

 

#EntrepriseEnAveyron

 

 

L’entreprise Vaissier est lauréate du prix de la Création-Transmission 2021, décerné par la CCI AVEYRON dans le cadre de la 10e édition de l’Aveyron des Champions. Au décès accidentel de son père, Magali Vaissier s’est trouvée contrainte de reprendre l’entreprise familiale d’aliments pour animaux. Passé le choc, l’enthousiasme. Récit d’une conversion heureuse.

Présentation en Vidéo de l’entreprise VAISSIER ALIMENTS : https://www.youtube.com/watch?v=0yHGT_qQBlI

 

 

Reprendre, apprendre, comprendre et développer – La vie réserve souvent de mauvaises surprises : la perte brutale d’un père, l’impérieuse nécessité d’endosser tout à coup des responsabilités que l’on n’avait jamais envisagées, un incendie dans un séchoir… Magali Vaissier, pourtant, ne se départit jamais d’une irrépressible bonne humeur. Rires et sourires à chaque minute.

Cette mère de famille, jardinière de formation – « Jardinier !, rectifie-t-elle dans un éclat de rire. La jardinière est en plastique ; moi, je suis 100 % naturelle » –, s’est retrouvée malgré elle plongée dans le grand bain bouillonnant de l’entreprise à la mort accidentelle de son père, Pierre, fondateur de la société d’aliments pour bétail. Elle aurait pu se résoudre à la vente de cette affaire créée en 1977, s’il n’y avait eu les salariés de son père. « Quel aurait été leur sort ? », s’interroge-t-elle encore. Elle a donc accepté de sauter du grand plongeoir.

Magali Vaissier a repris l’entreprise située à Elbes, non loin de Villefranche-de-Rouergue, en 2018. « Il y a tant de choses à faire ! Le plus difficile, au début, c’est de déterminer par quoi commencer, se rappelle-t-elle. Mais une fois qu’on s’est lancé, on déroule la pelote au fur et à mesure. » La nouvelle cheffe d’entreprise a dû tout apprendre de ce métier d’hommes exercé exclusivement par des hommes : les matières premières, l’approvisionnement, les prix, la production, les clients, le marché…

Actuellement, elle essaye de comprendre les mécanismes internationaux qui déterminent les cours des céréales. Pour mieux négocier, pour anticiper. Heureusement, elle a pu s’appuyer sur les connaissances et l’expérience de quelques-uns de ses collaborateurs, dans la maison depuis plus de 30 ans. « Quelques fournisseurs m’ont vue arriver et ont essayé de profiter de mon ignorance. Certains m’ont peut-être grugée, mais je ne m’en suis pas aperçue. » Magali Vaissier n’est plus dupe.

« Reprendre l’entreprise : le plus difficile c’est de déterminer par quoi commencer. Une fois lancé, on déroule la pelote au fur et à mesure »

Se former, moderniser et faire croître : une reprise d’entreprise vertueuse – Pour réussir, la cheffe d’entreprise a aussi bénéficié de la formation dispensée pendant 13 mois à l’Ecole des Managers de la CCI AVEYRON. « Une école extraordinaire ! », s’enthousiasme celle qui en est sortie major de promo, à la quarantaine passée. La Chambre de Commerce et d’Industrie l’a aussi accompagnée dans la constitution d’un dossier de subvention Pass Agro Viti pour des investissements ; elle a réalisé un diagnostic sécurité au poste de travail ; elle lui a fait obtenir un prêt d’honneur Initiative Aveyron. Résultat, au terme de deux saisons complètes : « Aucun regret. Je crois que je ne me suis jamais autant amusée que depuis que j’ai repris cette entreprise ! » Et cela se voit dans les bilans. Le chiffre d’affaires a gagné 50 % entre 2018 et 2020. Il devrait continuer de progresser, grâce aux idées et projets de la nouvelle patronne. Son père avait concentré l’essentiel de son énergie sur les process, les formulations, la production.

Magali s’efforce de moderniser la gestion, la comptabilité, les ressources humaines (l’informatique était quasi absente de l’entreprise), d’améliorer les conditions de travail et de sécuriser l’outil de production.

« Je ne me suis jamais autant amusée que depuis que j’ai repris cette entreprise »

Aujourd’hui, l’entreprise Vaissier, spécialisée dans l’alimentation des bovins, achète 8.500 tonnes de coproduits de céréales et 2.000 tonnes de céréales nobles, par l’intermédiaire de négociants ou courtiers. Tous ses fournisseurs (sauf pour les tourteaux d’oléagineux, qui sont importés) se situent dans un rayon de 40 km. L’entreprise a choisi cette proximité pour deux raisons : économique et écologique. Les céréales sont revendues comme aliment pour le bétail, soit telles quelles, soit sous la forme de granulés formulés en fonction des besoins des clients. Ces clients éleveurs se trouvent tous dans un rayon d’une trentaine de kilomètres autour d’Elbes.

Vaissier continue aussi de vendre de l’aliment au détail pour les basse-cours. L’entreprise, qui emploie dix personnes aujourd’hui, a réalisé en 2020 un chiffre d’affaires de 1,5 M€

 

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